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2.いらだち アラン「幸福論」より

 人が喉を詰らせてしまったとき、体の中は大騒ぎになる。差し迫った危険がそこにあり、全身が警告を発しているような状態になる。筋肉はこわばり、激しい動悸がする。これはある種の痙攣である。さて、こういった状態にはどう対処すればいいのだろう?人はこれらすべてのリアクションに従わないで済むのだろうか?というのが哲学者の問いである。経験のない者の問いである。

「先生、だってものすごい力なんですよ。筋肉がこわばって、身構えてしまうのを我慢できるわけありませんよ」ということを言う生徒がいたら、体育やフェンシングの先生は笑うだろう。私はある厳格な人を知っているが、その人は断ったうえで他人を竹刀で激しく打つ。なぜそのようなことをするのか。それはその人に真理への道を開くためである。

 その真理とはつまり、筋肉は思考に従うということである。従順な犬のように、筋肉は思考に従う。たとえば私が「腕を伸ばそうか」と思えば、ただちに私は腕を伸ばす。冒頭で述べたような痙攣とか、筋肉の反乱とも言える状態のいちばんの原因は、私たちが本当にすべきことを知らないことにある。

 喉を詰らせたときの例で言えば、まずしなければならないことは体を鎮めることである。力任せに深呼吸などしてみても状況は悪くなるばかりだから、喉に引っかかったものをまず吐き出すのが先決だ。あらゆることに言えるわけだが、有害なもの、つまり恐怖を追い出すことが重要なのである。

 

 風邪をひいたときの咳についてだが、これについてはひとつの規律と言える様なものがあるのだが、あまり実行されていない。ある人々は、まるで何かの逆鱗に触れたかのように、体をかきむしるようにして咳をする。これがいらだちの原因であり、人を疲れさせる原因でもある。

 これに対して医者はトローチというものを発明した。トローチというものの目的は、単に何か飲み込むものを与えることだと私は思っている。何かを飲み込むということは、これは強力なリアクションで、咳よりも本能的な運動である。飲み込むことによって起こる筋肉の運動が、咳をする筋肉の動きを封じるというわけだ。

 これは、泣いている赤ちゃんを腹ばいにさせたりして機嫌を取るのと同じようなことである。しかしトローチなどなくても、咳をし始めたときにきちんと止めることができたら、そこまで悲劇的な咳をせずに済むと思う。もし最初の瞬間に、落ち着いて、じっとしていれば、最初のいらだちは過ぎ去るはずなのである。

 

 このいらだち(irritation イリタシオン)という言葉についてはよく考えてみなければならない。言葉の知恵を借りるならば、イリタシオンとは感情のもっとも暴力的な状態を描写するにも使われる言葉なのである。私が思うに、怒りに身を任せてしまう人と、なすがままに咳をしまくる人の間に大きな違いはあまりないのではないか。恐怖とは体の働きのひとつなのだから、体操によってこれに立ち向かうべきなのに、それをみんなが知っているわけではない。

 そういう人たちが犯している過ちとは、思考が感情の支配下にあると考えていることである。激しいある種の興奮状態とともに、怒りや恐怖の中に身を投じているのだ。

 結局、ある種類の感情は病を重くするものでしかない。病気とはいわば、本当の体操を学ばなかった人たちの運命的な帰結と言ってもいいだろう。ギリシャ人はこのことをよく理解していたのだが、本当の体操とは、身体の動きの上に正しい理性の支配を置くことである。注意してほしいのは、理性が全てを支配するわけではないことだ。しかし、怒りによる運動で、身体の自然な反応が邪魔されてしまうのは事実であり、そのことだけは理解しておいて良いだろう。

 子供たちが本当に学ぶべきなのはこういうことだろうと私は思う。人間への敬愛がこもった美しい彫像を手本として、子供たちに示してあげよう。

 

1912年12月5日

 

Irritation

5 décembre 1912

 

Quand on avale de travers, il se produit un grand tumulte dans le corps,

comme si un danger imminent était annoncé à toutes les parties ; chacun des

muscles tire à sa manière, le coeur s'en mêle ; c'est une espèce de convulsion.

Qu'y faire ? Pouvons-nous ne pas suivre et ne pas subir toutes ces réactions ?

Voilà ce que dira le philosophe, parce que c'est un homme sans expérience.

Mais un professeur de gymnastique ou d'escrime rirait bien si l'élève disait :

« C'est plus fort que moi ; je ne puis m'empêcher de me raidir et de tirer de

tous mes muscles en même temps. » J'ai connu un homme dur qui, après voir

demandé si l'on permettait, vous fouettait vivement de son fleuret, afin

d'ouvrir les chemins à la raison. C'est un fait assez connu que celui-ci ; les

muscles suivent naturellement la pensée comme des chiens dociles ; je pense à

allonger le bras et je l'allonge aussitôt. La cause principale de ces crispations

ou séditions auxquelles je pensais tout à l'heure, c'est justement qu'on ne sait

point ce qu'il faudrait faire. Et, dans notre exemple, ce qu'il faut faire, c'est

justement assouplir tout le corps, et notamment, au lieu d'aspirer avec force,

ce qui aggrave le désordre, expulser au contraire la petite parcelle de liquide

qui s'est introduite dans la mauvaise voie. Cela revient, en d'autres mots, à

chasser la peur, qui, dans ce cas-là comme dans les autres, est entièrement

nuisible.

 

Pour la toux, dans le rhume, il existe une discipline du même genre, trop

peu pratiquée. La plupart des gens toussent comme ils se grattent, avec une

espèce de fureur dont ils sont les victimes. De là des crises qui fatiguent et

irritent. Contre quoi les médecins ont trouvé les pastilles, dont je crois bien

que l'action principale est de nous donner à avaler. Avaler est une puissante

réaction, moins volontaire encore que la toux, encore plus au-dessous de nos

prises. Cette convulsion d'avaler rend impossible cette autre convulsion qui

nous fait tousser. C'est toujours retourner le nourrisson. Mais je crois que si

l'on arrêtait au premier moment ce qu'il y a de tragédie dans la toux, on se

passerait de pastilles. Si, sans opinion aucune, l'on restait souple et imperturbable

au commencement, la première irritation serait bientôt passée.

Ce mot, irritation, doit faire réfléchir. Par la sagesse du langage, il convient

aussi pour désigner la plus violente des passions. Et je ne vois pas

beaucoup de différence entre un homme qui s'abandonne à la colère et un

homme qui se livre à une quinte de toux. De même la peur est une angoisse du

corps contre laquelle on ne sait point toujours lutter par gymnastique. La

faute, dans tous ces cas-là, c'est de mettre sa pensée au service des passions, et

de se jeter dans la peur ou dans la colère avec une espèce d'enthousiasme

farouche. En somme nous aggravons la maladie par les passions ; telle est la

destinée de ceux qui n'ont pas appris la vraie gymnastique. Et la vraie

gymnastique, comme les Grecs l'avaient compris, c'est l'empire de la droite

raison sur les mouvements du corps. Non pas sur tous, c'est bien entendu.

Mais il s'agit seulement de ne pas gêner les réactions naturelles par des mouvements

de fureur. Et, selon mon opinion, voilà ce qu'il faudrait apprendre aux

enfants, en leur proposant toujours pour modèles les plus belles statues, objets

véritables du culte humain.

5 décembre 1912